Afriland First Bank RDC : Paul KAMMOGNE FOKAM ou des méthodes qui ressuscitent l’escroc Madoff ?

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Voilà une affaire qui rappelle l’affaire Bernard Madoff, ancien financier et plus grand escroc de l’histoire, qui avait réussi à mettre au point la plus grande escroquerie financière pyramidale jamais découverte, mort en prison où il purgeait sa peine de prison de 150 ans.
A la lecture du rapport du collectif des actionnaires minoritaires d’Afriland First Bank RDC, nous ne sommes pas loin de penser à la méthode Madoff, contre laquelle ce collectif a décidé de sonner l’alerte.

Face à la situation qui prévaut à Afriland First Bank RDC, les actionnaires minoritaires ont décidé de prendre le taureau par les cornes, en dénonçant, à travers une correspondance musclée, à la gouverneure de la Banque Centrale du Congo « BCC », Madame Malangu KABEDI, les agissements de la communauté d’actionnaires majoritaires de ladite banque.
« A la lecture de ce courrier du 30 mars 2022 portant sur les conclusions de la mission effectuée par vos équipes en rapport avec la viabilité d’Afriland First Bank CD S.A, il se dégage plutôt de l’arrogance, la condescendance, la défiance, le mépris vis-à-vis des autorités, mais également de plusieurs autres institutions de notre pays » , ont dénoncé en introduction les actionnaires minoritaires.

Refusant de voir l’image de la RDC et des institutions congolaises vilipendée, notamment par la mise en accusation de l’autorité de régulation qu’est la Gouverneure de la BCC, par un groupe d’individus qu’ils qualifient à travers leurs correspondances, de moralité très peu recommandable qui mettent en arrière-plan la protection des épargnants de la banque, les actionnaires minoritaires publient les résultats choquants de leurs enquêtes, sur la situation d’Afriland Bank Congo.

Dans un rapport documenté, adressé à la patronne de la BCC, les actionnaires minoritaires ont dénoncé deux contrats d’assistance technique avec leur Banque, qui permettent au Dr Paul KAMMOGNE, de percevoir des dividendes indus en s’enrichissant de manière illicite.
Il a été clairement précisé, à la page 7 de ce document, que la perception des dividendes par l’actionnaire majoritaire Afriland First Group S.A (M. Paul Fokam) sur la période allant de 2009 à 2018, alors qu’il n’avait jusque-là pas libéré sa quote-part du capital souscrit en 2009 à l’occasion de l’augmentation capital en numéraire. «Toutefois pour niveler le niveau du capital entre la compatibilité (USD 10 568 041) et les statuts de la banque (USD 12 000 000), la banque a passé un ajustement dans la situation comptable de Un million quatre cent trente et un mille neuf cent cinquante-neuf (1 431 959), par compensation de dette auprès de ses actionnaires ayant procédé à la souscription initiale du capital telle prévue dans les statuts» peut-on lire dans le rapport Pricewaterhoose « PWC » annexé à la correspondance.

Il sied de rappeler que Paul KAMMOGNE Fokam est l’actionnaire très majoritaire d’Afriland First Bank, mais aussi propriétaire d’Afriland First Group et d’Afriland First Group Management qui apportent une assistance technique à Afriland Bank RDC. Les actionnaires minoritaires dénoncent ainsi l’existence de deux contrats, dont l’un signé à Genève en date du 1 juillet 2009, permettant à Paul KAMMOGNE de percevoir 10% du chiffre d’affaires hors taxe et le second contrat signé à Yaoundé au Cameroun, le 2 juin 2015, présentant un taux allant de 2 à 4% applicable sur le chiffre d’affaires hors taxes.
Pour les signataires de la lettre adressée à la Gouverneure de la BCC, qui ont dénoncés auparavant le 10% du contrat qui s’appliquent sur les chiffres d’affaires et non sur le profit, spoliant ainsi l’épargne des congolais, il apparait clairement, que le contrat signé en 2015, est un contrat de façade établi pour les besoins de flouer les missions d’audit de la BCC, du commissaire au compte, de la DGI etc.

Le rapport de 42 pages signés par les actionnaires minoritaires d’Afriland First Banque, révèle des procédés de son actionnaire majoritaire, le Dr Paul KAMMOGNE s’enrichissant illicitement, et qui a fait perdre à la Banque environ 15 millions des dollars américains auxquels, il faudra ajouter les effets de la fiscalité et ainsi, lui priver des moyens qui auraient certainement contribués au rayonnement de notre pays à travers les crédits à l’économie par exemple. Le contrat d’assistance technique exigeait des paiements sous forme d’acompte avant même la réalisation du chiffre d’affaire annuel hors taxes. Alors qu’il n’avait jusque là pas libéré sa quote-part du capital souscrit en 2009 à l’occasion de l’augmentation de capital en numéraire, Paul KAMMOGNE a perçu des dividendes sur la période de 2009 à 2018, dénoncent les actionnaires minoritaires.

Pour ces derniers, le patron d’Afriland first Group S.A s’est rendu coupable d’abus de confiance, malversations financières, faux et usage de faux, association des malfaiteurs, des infractions punissables par la loi congolaise.
De la création des sociétés prête-noms où il fait des contrats de potage d’actions pour prendre des crédits à la banque sans jamais les remboursés dans une logique de distribution fictive des dividendes, le collectif des actionnaires minoritaires a dénoncé auprès de l’autorité de régulation à travers un rapport des 42 pages les manœuvres qui ont ralenties les performances de la Banque.

L’avenement de la croissance sous l’égide du défunt SOUAIBOU Abary

Dans sa page 33, cette lettre adressée à la Gouverneure de la BCC renseigne que de 2006 à 2015, trois Directeurs Généraux se sont succédés à la tête de la banque. Et pendant toutes cette période Afriland First Bank RDC avait toujours été classée 15ème ou 16ème sur les 17 banques que la RDC comptait constamment. Les performances de la Banque étaient toutes aussi médiocres dans une atmosphère de suspicion.

Il fallait qu’arrive un SOUAIBOU Abary, comme ADG, pour que cette institution ressemble enfin à une banque et parvienne à occuper la 5ème ou 6ème place en seulement 6 ans. Malheureusement que la joie n’était pas si longue que ça, ce beau rêve s’arrêta brusquement au milieu de l’année 2021, quand l’ancien Directeur Général M. SOUAIBOU Abary fût suspendu, avant de rendre l’âme en octobre 2021 dans des circonstances, que les signataires de la lettre qualifient de mystérieuses et troublantes, puisque survenu après la condamnation au pénal des administrateurs et les comportements qui s’en sont suivis ont laissé penser qu’il pourrait s’agir d’un « acte criminel ».

A en croire les actionnaires minoritaires, les réalisations du défunt SOUAIBOU se rapporte à ce qui suit : Résultats nets cumulés (2015 à fin 2020) : USD 39,5 millions ; réseau : 16 agences et 10 guichets, répartis dans 15 provinces ; nombre des clients : 204 994 dont 146 753 fonctionnaires de l’Etat ; niveau des dépôts de la clientèle : USD 320,3 millions ; volume des crédits à la clientèle : USD 412,1 millions : total bilan : 522,4 millions ; niveau salaires du personnel : moyen et acquis difficilement auprès du conseil d’administration malgré les performances de la Banque ; couverture sanitaire du personnel : lube de meilleures du système bancaire en RDC.

D’après les agents, cadres et certaines indiscrétions, SOUAIBOU Abary, ancien Directeur Général d’Afriland First Bank RDC était l’un de meilleurs employés du Groupe Afriland. Durant 27 ans passés au sein de ce groupe, il a su transformer en or tout ce qu’il touchait. Sous sa direction, la banque était devenue plus attrayante et attirait du monde, au point même que le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, quelques mois après son accession à la magistrature suprême, déclara sur la chaîne de télévision TV5, qu’il travaillerait avec Afriland First Bank CD S.A dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de développement.

Ruth-Paola Ngwanza

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